Collectif Prouvènço - Uno regioun uno identita uno lengo

Langue

Le concept de définition des langues a évolué avec le temps. Ainsi, il est vrai que l’on ne parlait jadis que de "langue d’oc" au singulier, comme le faisait Mistral, qui considérait d’ailleurs que "la" langue d’oc par excellence était le provençal dans sa forme rhodanienne. Ajoutons que cette notion de langue d’oc unique est somme toute assez récente c’est à dire, à peine du XIXème siècle. Un cas similaire peut ici être évoqué : le corse était il y a encore quelques dizaines d’années considéré comme de l’italien.

Parler aujourd’hui de "langues d’oc" au pluriel est une évolution respectueuse de la diversité et de la pluralité des Pays d’oc qui n’ont jamais constitué une entité politique et humaine. Ainsi, par exemple, la Provence a toujours été plus proche de territoires tels que le Dauphiné, la Savoie, le Piémont ou la Ligurie que de pays d’oc tels que la Gascogne ou le Périgord.

A langue unique correspondra toujours une seule identité, et une normalisation monolithique, caractéristique de ce que l’on peut qualifier de "pensée unique" avec les dérives que cela suppose. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer l’idéologie pan-occitane qui désire unifier tous les pays d’oc autour du Languedoc et de ses référents identitaires (nom, drapeau, dialecte de référence, histoire, graphie... ). Il est illusoire de croire "à l’unité dans la diversité" car le premier concept finira toujours par l’emporter sur le second.

Un exemple significatif : le cas du Béarn, dans le cadre du département des Pyrénées Atlantiques. Fin 2009, à la demande des occitanistes, le Conseil Général de ce département a décidé de ne reconnaître que l’occitan et sa graphie normalisée au détriment de l’orthographe béarnaise traditionnelle. Ce fait incontestable prouve la volonté des occitanistes d’unifier et de normaliser les parlers d’oc au profit d’un seul et unique occitan standard.

Le Collectif Prouvènço s’oppose fermement à un tel projet en Provence. C’est la raison pour laquelle il défend le concept de "langue provençale" au sein de la pluralité des langues d’oc.

Les langues régionales seront en effet, plus que jamais, les vecteurs des identités régionales. C’est ainsi que la langue de la Provence, entité territoriale très ancienne, n’ayant pas vocation à se fondre dans le supra-régionalisme occitan, s’est toujours appelée du beau nom de "provençal". Son orthographe naturelle est celle définitivement mise au point par Frédéric Mistral et Joseph Roumanille au milieu du XIXème siècle. Cette graphie est un des vecteurs de l’identité régionale et linguistique de la Provence.

Depuis Bellaud de la Bellaudière (XVIème siècle) jusqu’aux écrivains contemporains, il existe enfin une littérature qui ne s’est toujours désignée elle même que sous le seul terme de "provençal".

En conclusion, on soulignera que le cas de la Provence n’est pas isolé dans l’ensemble des pays d’oc, où coexistent diverses entités. C’est la raison pour laquelle a été créée l’Alliance des Langues d’oc.