Collectif Prouvènço - Uno regioun uno identita uno lengo
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Discours du Président du Collectif Prouvènço

D 1er avril 2011     H 17:50     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Lors de l’Assemblée Générale du 20 mars 2011, Jean-Pierre Richard a tenu un discours fort, pour tendre la main, au-delà des garouilles, à ceux qui souhaitent défendre la langue et la culture provençales.

Voici ce discours :

Mesdames, Messieurs, Chers amis, Cars ami,
Mesdames, Messieurs les élus, Monsieur le Député Maire,

Vuie eici à Castèu-Reinard es uno journado di grando que marquara de segur l’istòri de la Prouvènço. Perdequé ?

Tout simplement car en 10 ans, le Collectif Prouvènço, avec votre aide, a fait bouger les choses.

Ensemble, nous avons constitué une force, et comme nous nous plaisons à le dire, un mouvement social en marche. Vous remarquerez que je n’ai pas dit politique, ce que nous nous interdisons, car le Collectif affirme depuis toujours qu’il a délégué toute représentativité aux élus locaux, régionaux, et nationaux de toutes tendances.

Le Collectif a vocation pour rappeler a certains élus que la Provence est une grande région linguistique. Ce fut le cas à Arles, souvenez-vous du 17 mars 2007 : « Vuei, la Prouvènço a recounquista soun ounour, l’ounour de sa lengo… ».

Le Collectif Prouvènço, avec vous et grâce à vous, est maintenant reconnu comme un interlocuteur essentiel dans l’action en faveur non seulement de notre langue, le provençal, mais bien au-delà, en faveur des langues régionales.

C’est la raison pour laquelle nous avons rencontré à Paris le Député Marc Le Fur qui vient d’être nommé dans son parti responsable des langues régionales.

Avec lui et avec d’autres, nous avons examiné, travaillé sur les deux propositions de loi en faveur des langues régionales : l’une dite Jung du nom du Député alsacien, l’autre dite Le Fur déposée par le Député breton Marc Le Fur.

Souvenez-vous des conclusions du Forum de Châteaurenard où nous posions la question : une loi est-elle utile ? Notre réponse a été claire : une loi n’est pas forcément utile, car la Constitution protège le statut des langues régionales, mais si elle doit être votée, alors elle ne doit pas prendre en compte les particularismes ou bien aller jusqu’au bout, c’est-à-dire citer toutes les langues avec le risque de déplaire à tous.
Pour revenir à cette loi, nous soutenons résolument la proposition de Marc Le Fur. Nous avons fait supprimer l’essentiel, c’est-à-dire la création d’un centre interrégional occitan qui aurait constitué la mort annoncé du provençal.

Au cours de réunions publiques dont les premières se sont déjà déroulées à Arles et St-Remy-de-Provence, nous expliquons au public notre choix. Et nous resterons vigilants sur cette affaire capitale, pour le destin futur de notre langue…

Voilà, pour l’instant nous en sommes là, le Collectif Prouvènço continue de travailler, dans de nombreux domaines : il a réédité le dictionnaire Coupier, il vient d’éditer la BD Gaspard de Besso, créé un nouveau Forum dans les Alpilles et continue à développer son magazine bilingue Me Dison Prouvènço.

Dès 2001, le Collectif a créé, sur mon initiative, le Festival Me Dison Prouvènço à Arles, un évènement qui est devenu, au fil des ans, un grand festival régionaliste de niveau européen.

Sur proposition du bureau, le Conseil d’Administration a décidé de surseoir au Festival d’Arles : pourquoi ? Pour accéder au projet majeur du Collectif Prouvènço, la création d’un Observatoire de la Langue et de la Culture Provençales.

Depuis de nombreuses années, nous travaillons pour ce projet, pour lequel la Mairie de Cheval-Blanc nous a proposé une ferme patrimoniale de 400 m².

Pourquoi un Observatoire ? Pour observer, proposer, relayer, mais aussi pour construire… Sous l’impulsion d’un Comité d’experts, l’Observatoire s’attachera par exemple à former les volontaires qui donnent des cours de provençal, et proposera par ailleurs, entre autres activités, un café numérique musical…

Le conseiller régional d’Arles, Mohamed Rafai, suit le dossier avec nous et nous devrions tenir une première réunion sur le sujet avec les représentants de la Région, du Conseil Général du Vaucluse et de la mairie de Cheval-Blanc.

Aujourd’hui, nous nous devons, plus que jamais, de faire des économies, car les collectivités territoriales ne peuvent pas tout financer. D’où l’abandon du Festival Me Dison Prouvènço.

Je me devais de vous donner des explications, voilà qui est fait.
Le Collectif ne pouvant pas rester sans un festival, j’ai proposé un nouveau Festival, à Grans, dans un lieu magique : le parc de la Fontaine Mary-Rose. Ce nouvel évènement, le Festival des Fontaines, en prouvençau Li Font en Fèsto, a rencontré un vif succès, et c’est pourquoi il aura désormais lieu tous les ans, au mois de septembre. Cette année, il se tiendra les 2, 3 et 4 septembre.

Nous avons voulu qu’il soit un festival populaire, tourné vers les jeunes, avec de nombreuses animations pour les enfants. Il s’agit d’un éco-festival attaché à une démarche de développement durable, en collaboration avec le Comité Citoyen Agenda 21.

Porté par son succès, Le Festival des Fontaines devrait vite devenir un évènement régional de grande ampleur.

Je rajouterai à la liste des évènements que le Collectif organise, le Forum des Alpilles, sur le thème de l’enseignement du provençal, qui se déroulera les 16 et 17 avril prochain dans diverses villes et villages des Alpilles. Le 17 avril, avec le concours et l’aide de la municipalité de Maussane-les-Alpilles, nous nous réunirons pour une synthèse générale à la salle Agora.

Ce forum sera un temps fort de l’action que nous menons en faveur de l’enseignement du provençal : une motion sera votée. Elle sera remise aux recteurs des Académies concernées, au Premier Ministre, au Ministre de l’Education Nationale ainsi qu’au Président de la Région.
Venez-vous exprimer dans les cafés citoyens, un forum, c’est le droit à la parole. Plus nombreux, plus forts, nous serons plus convaincants !

Chers amis, encore quelques mots pour vous dire dans quel état d’esprit nous sommes. Nous sommes déterminés à gagner la bataille contre la tentative d’occitanisation de la Provence. Pour cela, il ne faut pas relâcher la pression. Chaque jour, je dis bien chaque jour, il y a des tentatives d’appropriation de notre Provence, au niveau culturel et identitaire. Oui, le Collectif est un élément fédérateur dans le paysage provençal, mais pour gagner la bataille qui nous permettra de rester nous-mêmes, il faut que nous soyons unis, au-delà des garouilles et au-delà du nombrilisme de certains. Car c’est ensemble et uniquement ensemble, sans suprématie de quiconque, dans un esprit d’ouverture et de fidélité à nos valeurs, que nous arriverons à défendre notre langue, notre culture et notre patrimoine.

Oui, c’est ensemble que nous garderons notre costume, notre langue, notre littérature, notre théâtre, notre bouvine, notre drapeau, notre patrimoine et notre identité !

Non, la grande occitanie ne passera pas par la Provence, pour que demain nos enfants sachent d’où ils viennent et où ils vont.

Vivo Castèu-Reinard,
Vivo Prouvènço !

Jan-Pèire Richard