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Forum des Alpilles : conclusions et suite du dossier

D 20 mai 2011     H 16:34     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Suite au succès du Forum des Alpilles, où tout le monde avait été invité à s’exprimer sur le thème de l’enseignement de la langue provençale de la maternelle à l’université, le Collectif Prouvènço a effectué un travail de fourmi pour synthétiser toutes vos réflexions et vous présente aujourd’hui les conclusions du Forum.

Elles ont été transmises ainsi que la Motion qui a été rédigée à l’issue du Forum des Alpilles à Luc Châtel, ministre de l’Education Nationale, par le député de la XVème circonscription des Bouches-du-Rhône, Bernard Reynès.

Vous trouverez en ligne, dans cet article, le livret du Forum, comportant les conclusions et la motion des Alpilles. Nous vous en souhaitons bonne lecture et vous tiendrons informés de manière très régulière des suites du dossier.

Enfin, un courrier vient d’être adressé au Président de la Région et aux recteurs des académies concernées par la langue provençale, soit celles d’Aix-Marseille, de Nice et de Montpellier (concernant la gardounenco).

CONCLUSIONS DU FORUM DES ALPILLES

A l’issue des deux journées de débats organisées dans les Alpilles les 16 et 17 avril 2011 par le Collectif Prouvènço, le Forum des Alpilles a conclu ce qui suit :

- Le provençal doit être enfin reconnu comme langue de France à part entière.

- Les régions sont au plus près de la définition de ce qu’est une langue régionale. C’est d’ailleurs ce que dit l’article 75.1 de la Constitution de la France : « les langues REGIONALES font partie du Patrimoine de la France. »

- L’enseignement public doit prendre en charge l’enseignement du provençal.

- L’enseignement de type associatif est un recours possible, en créant des écoles provençales bilingues.

- Une loi peut amener des éléments essentiels à l’enseignement et à la pérennisation de la langue provençale, à condition d’être assortie des moyens nécessaires.

- Une loi-cadre respecterait des principes généraux sans entrer dans des particularismes locaux.

- En ce domaine, le Forum des Alpilles soutient la proposition de loi de Marc Le Fur sous condition qu’aucun centre interrégional occitan n’intervienne en Provence.

- L’apprentissage du provençal, langue romane, favorise la compréhension des autres langues latines (italien, espagnol,…).

- La langue provençale est un facteur de développement économique.

- La langue provençale s’écrit selon l’orthographe codifiée par Frédéric Mistral, prix Nobel de Littérature. C’est la seule graphie qui est connue et pratiquée par l’écrasante majorité des Provençaux. A ce titre, tout comme le nom de « langue provençale », elle constitue un référent identitaire très important de la Provence.

- La graphie occitane (dite abusivement « classique »), diffusée par l’Education Nationale, n’a aucune légitimité historique ni sociologique en Provence.

- Il est impossible d’enseigner une double graphie de l’école jusqu’au lycée. Et dans les faits, aucune langue n’est écrite dans deux graphies aussi opposées que l’Occitane et la Provençale…

- Le système de la double graphie nuit à une augmentation dûe au nombre d’élèves volontaires pour étudier le provençal.

- Le bilinguisme est un atout essentiel qui crée une ouverture d’esprit favorable aux autres apprentissages.

- La langue provençale est un facteur d’accueil et d’intégration des enfants de toutes origines.

- L’enseignement du provençal doit être assorti d’un enseignement sur la Provence elle-même : géographie, histoire, culture, traditions, etc… Ainsi les enfants sauront-ils que la langue n’est que la partie d’un tout, constituant l’identité provençale.

- L’enseignement du provençal doit être progressif et rester ludique et attractif !

- La globalisation occitaniste qui veut fusionner les différents parlers d’oc sous le vocable trompeur « d’occitan » est néfaste à l’enseignement du provençal et des autres langues d’oc. Selon le principe des quotas, l’Education Nationale nomme un nombre de professeurs égal en Bretagne et dans tout le domaine prétendu « Occitan » qui recouvre pourtant près de la moitié du territoire national. Ainsi a-t-on 4 professeurs pour les 5 départements bretons… et 4 pour les 32 départements des pays d’oc ! De nombreux problèmes sont par ailleurs générés par ce fait. Au nom de « l’unité de l’occitan-langue d’oc » certains professeurs nommés en Provence peuvent venir de Pau ou de Bordeaux… Il s’agit d’une véritable aberration pédagogique et linguistique.

MOTION

Suite aux conclusions des débats, les participants du Forum des Alpilles vous demandent, Monsieur le Ministre :

- De faire en sorte que la langue provençale soit enseignée dans le respect de sa graphie naturelle, simple et moderne, initiée dès la période moderne, et définitivement codifiée par Frédéric Mistral.

- De veiller à ce que, dans la zone linguistique du provençal, aucune autre graphie ne soit enseignée en lieu et place de celle qui est historiquement celle des Provençaux.

- De veiller à ce que les options dans notre langue régionale, le provençal, ne soient pas condamnées de fait suite à la suppression de milliers de postes d’enseignants annoncée par le gouvernement.

- Une gestion autonome du provençal, étendue à toute la zone linguistique et identitaire de cette langue, c’est à dire les 6 départements de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, la Drôme provençale et la partie Provençale du Gard.