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Jeudi 28 février et samedi 13 avril 2019 - Représentations de "Fabien" de Marcel Pagnol - Aubagne et St-Martin-de-Crau

Par la Compagnie Dans la Cour des Grands

D 21 février 2019     H 15:21     A La Chourmo dóu Couleitiéu    


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« Fabien » : Pagnol, rock’n roll !

Fabien nous a fait un drôle de tour de coquin ! Au Collectif Prouvènço, on était emballé par l’idée de cette re-création de la pièce « oubliée » de Marcel Pagnol, « Fabien ». Mais nos espoirs dans cette résurrection ont dépassé de loin nos attentes. Courrez voir ce spectacle qui pète le feu et fait exploser un thème très actuel, le harcèlement moral.

Marcel Pagnol, dont la pièce « Fabien » fut un échec lors de sa création en 1956, aurait sans doute été surpris par la nouvelle mouture de son œuvre, et heureux de la nouvelle réaction du public, chaviré par cette représentation donnée par la compagnie Dans la cour des grands, en février dernier, chez Gérard Gelas, au Théâtre du Chêne Noir, à Avignon. La mise en scène de Marc Pistolesi, assisté de Sandra Trambouze, les décors de Damien d’Andréa, la création lumières de Julo Etiévant et des costumes signés Jackie Tadéonie… tout concourt à faire de cette pièce un grand moment de théâtre. Et n’oublions pas les acteurs !

Ça commence fort, sur un tempo rock’n roll, avec une batterie martelée (certes à contretemps…) par l’Homme-Oiseau (sous le costume, Laure Dessertine, qui tient également le rôle d’une virevoltante et aguicheuse acrobate viennoise). Juché en haut d’une marquise, répond à son tempo d’enfer un duo de guitares électriques : le « Poulpe Corse » (Stéphane Albertini, coiffé de dreadlocks rasta) et Monsieur Kovarek (Olivier Césaro), clown déjanté. Il y a bien d’autres énergumènes dans ce cirque : Captain le géant (Jean-Michel Rucheton), qui du haut de ses deux mètres et quelque s’exprime dans un sabir mêlant danois et gros mots dignes du syndrome de Tourette ; Madame Lodoïska, une magnifique femme à barbe à l’accent slave (la très belle Carlotta Moraru) ; un déménageur mutique attrapeur de chapeaux au vol (Damien d’Andréa, décidément homme à tout faire) ; un docteur maboul et chanteur frustré (Olivier Césaro, encore lui !), qui annoncera le coup de théâtre (à moins que ce ne soit celui du lapin…) dans le dernier acte.

Et puis il y a Fabien, ignoble personnage dépeint dans sa moindre crapulerie par Nicolas Dromard, très en verve en dépit d’une crève carabinée ce soir-là. The show must go on comme on dit dans le métier… Et quel show mes amis ! N’oublions pas sa victime : Marinette (Marie Colucci), dont le jeu tout en nuance aurait fait fondre Marcel Pagnol. Enfin il y a Milly, incarnée par Edmonde Franchi, qui investit la scène avec maestria. Elle nous tire les larmes… de rire mais aussi de pitié, car cette « grosse caille » sait nous « fendre le cœur » avec sa naïveté navrante, et pour le moins ambigüe. Cette grande comédienne prend parfois des accents à la Raimu, ce qui ne gâche rien lorsqu’on est chez Pagnol.

Parmi les scènes qui s’enchaînent à un rythme effréné, avec des trouvailles « abracadabrantesques » et des tours de magie fort à propos avec l’univers du cirque dans lequel évoluent les personnages, je garde en mémoire ce touchant tableau où Milly, se prétendant mourante, est entourée par cette cohorte de monstres de foire, qui la chérissent et tissent autour de son corps délaissé un doux cocon d’affection. L’amour est bafoué par Fabien, mais dans la pièce « Fabien », c’est bien l’amour qui tient le rôle principal.

Cristòu

Prochaines représentations à ne pas manquer :
• Jeudi 28 février, (jour anniversaire de la naissance de Marcel Pagnol), à 20h30, au Comœdia, à Aubagne. Réservations : 04 42 18 19 88
• Samedi 13 avril, à 20h30, à Saint-Martin-de-Crau dans le cadre du Forum des Aulnes. Réservations : 04 90 50 49 12.


© Chris Boyer