Collectif Prouvènço - Uno regioun uno identita uno lengo
Vous êtes ici : Accueil » Le site web » Actualités » Editorial » Le député Marc Le Fur dépose une proposition de loi sur les langues (...)

Le député Marc Le Fur dépose une proposition de loi sur les langues régionales

communiqué du président du Collectif Prouvènço

D 17 décembre 2010     H 16:23     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


agrandir

Une nouvelle proposition de loi concernant les langues régionales vient d’être déposée à l’Assemblée Nationale. Cette proposition est l’émanation du député Marc Le Fur, vice-président de l’Assemblée Nationale.

Par rapport à la proposition du député Armand Jung, ce nouveau texte correspond à l’optique du Collectif Prouvènço.

En effet, nous avions relevé plusieurs points, particulièrement dérangeants dans la proposition de loi de Monsieur Jung :

- l’article 64 qui permettait la création d’un organisme supra-régional pour l’occitan, ouvrant grand la porte à l’occitanisation de la Provence (d’autant que dans l’article 9 il donne la possibilité à cet organisme d’élaborer, de produire et de diffuser le matériel pédagogique et les manuels nécessaires à l’enseignement de la langue et en langue régionale... )

- l’obligation d’apprendre la langue régionale, sauf avis contraire spécifié des parents, y compris dès la petite enfance.

Ces points n’existent pas dans la proposition de M. Le Fur, qui prévoit un apprentissage de la langue régionale sur la base du volontariat, et qui ne prévoit aucun organisme supra-régional en charge de la langue...

Nous avons également dit et répété que pour faire l’unanimité un texte sur les langues régionales a d’autant plus de chance d’être adopté qu’il restera dans les limites administratives de faisabilité.

Cette loi ne devra pas prendre en compte les particularismes locaux ou régionaux, mais traiter des problèmes inhérents aux langues régionales de France de façon basique, non polémique et non partisane.

C’est la raison pour laquelle le Collectif Prouvènço soutient la proposition de loi du député Marc Le Fur et prendra toute initiative pour que ce texte soit adopté en conservant l’esprit de la loi.

Jean-Pierre Richard,
Président du Collectif Prouvènço.

Dernière minute !

Nous remercions Philippe Martel, qui lit assidûment tous nos écrits, de s’y intéresser d’aussi près... Toutefois, il semble qu’il n’ait pas bien compris la différence fondamentale qui existe entre l’article 64 de la proposition Jung et l’article 12 du texte de Marc Le Fur....

Nous nous proposons ici de la lui expliquer...

En effet, nous vous laissons juge de ses propos inscrit sur un blog :

"... il aurait noté l’article 12 qui prévoit expressément la création d’instances (nous ne voyons pas cela dans l’article 12 mais peut être que l’on ne lit pas le français de la même façon chez les militants de la grande occitanie, ndlr) de coordination entre régions partageant la même langue, ce qui correspond pile poil à la situation du pays d’oc de l’Atlantique aux Alpes. Le Fur, sans doute cornaqué par ses amis députés provençaux a éliminé l’article du projet Jung qui parlait explicitement de langue d’oc (et surtout de l’occitan, ndlr). Mais ne vous faites pas d’illusion : elle est toujours là quand même.."

Voici maintenant le texte exact des deux articles en question :

* Proposition du député Armand Jung, Alsace

Article 64

Il est créé une entente interrégionale chargée de coordonner l’action de l’État et des régions concernées par la langue occitane, également dénommée langue d’oc. Elle est administrée par un conseil composé de cinq représentants de l’État et de deux représentants de chacune des régions concernées. Ce conseil désigne son président. Les dispositions des articles L. 5622-1 et suivants du code général des collectivités territoriales sont applicables par analogie.

* Proposition du député Marc Le Fur, Bretagne

Article 12

Article L 4270-1 : « Les Régions sont compétentes pour étudier, concevoir, organiser, mettre en œuvre des schémas de développement des langues régionales et coordonner les politiques des collectivités territoriales et des services publics en ce domaine. Une Région peut déléguer cette compétence à un département, un organisme intercommunal lorsque la langue est parlée sur un territoire plus réduit que la région considérée. Si la même langue régionale concerne plusieurs régions, celles-ci se concertent pour la mise en œuvre de cette mission selon les modalités prévues aux articles L 5611-1 et suivants. ».

On peut certes comprendre l’extrait en question comme une reconnaissance implicite de l’occitan... Mais pourquoi pas ? Cet article peut aussi impliquer une reconnaissance de facto du provençal, dont la zone de diffusion dépasse bel et bien les limites de notre région - bas Languedoc rhodanien, Drôme provençale... Ainsi, grâce à cet article, les régions voisines - Languedoc-Roussilon et Rhône Alpes - pourraient participer à la défense du provençal mistralien, puisque cette "même langue régionale concerne plusieurs régions". Et que donc, celles-ci pourraient se concerter "pour la mise en œuvre de cette mission selon les modalités prévues aux articles L 5611-1 et suivants. ».

"Se concerter" n’est pas créer une "entente inter régionale" avec un organisme directeur, voilà pour l’explication de texte.

L’analyse fallacieuse de Philippe Martel confirme néanmoins, si besoin était, que les occitanistes n’ont qu’un seul objectif : une langue unique dans "un pays d’oc" unique, recentré identitairement sur le Languedoc...

Inutile de préciser que nous ne les laisserons pas faire !... Et nous aurons derrière nous la grande majorité des Elus provençaux, toutes tendances confondues !...

Dernier point important. Nous sommes en droit de nous poser la question suivante : l’actuelle direction du Félibrige cautionne t-elle cette volonté de promouvoir, coûte que coûte, la "Grande Occitanie" au nom d’une pseudo "unité de la langue d’oc " ?

Face à la menace qui pèse sur notre langue et notre territoire, nous appelons tous les félibres et le Félibrige à l’union sacrée autour de Frédéric Mistral et de notre langue, le provençal.

Pour mise au point suite aux propos de Philippe Martel,

La chourmo dóu Couleitiéu du Prouvènço.