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Le député du Vaucluse Jean-Claude Bouchet défend la langue provençale

D 27 mai 2010     H 10:56     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Voici la question écrite que le député du Vaucluse, Jean-Claude Bouchet, a adressé au Ministre de la Culture et de la Communication. Vous trouverez ci-après la réponse de celui-ci.

Voilà en tous les cas une réponse qui ne satisfait pas les provençaux et le Collectif Prouvènço en particulier. Vous trouverez en fin d’article quelques arguments qui démontrent toute l’ambiguité de la réponse du ministre.

Texte de la question

M. Jean-Claude Bouchet attire l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la reconnaissance de la langue provençale. Le 21 juillet 2008, la loi constitutionnelle a affirmé que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Les langues régionales sont bien un patrimoine exceptionnel dont peut s’honorer la France. Si certaines d’entre elles (occitan, picard, breton, corse, alsacien, basque etc.) sont à peu près assurées d’être officialisées, il n’en est pas de même pour le provençal. En effet, la liste nominative des langues régionales de France reconnues par la Constitution, dans le cadre de l’article 75-1, sera publiée en 2009 ou en 2010. Or il n’est pas acquis que la langue provençale figure dans cette liste, puisque la délégation générale des langues de France (DGLF) semble prévoir qu’elle ne soit pas reconnue à part entière, mais seulement sous le sein de l’occitan. Le provençal est parlé par 500 000 personnes et possède sa grammaire et ses dictionnaires propres. En conséquence, il souhaite connaître l’avis du Gouvernement sur le sujet.

Texte de la réponse

Depuis la loi Deixonne de 1951, les pouvoirs publics suivent un usage constant et considèrent, en accord avec la plupart des spécialistes, qu’une même langue, occitan ou langue d’oc, se réalise sous différentes formes, variétés ou dialectes : l’auvergnat en Auvergne, le gascon en Gascogne ou le provençal en Provence. On observe des différences entre ces parlers, comme il en existe entre le français tel qu’il est parlé au Québec, à l’île Maurice ou dans nos « quartiers », mais elles ne remettent pas en cause l’unité de la langue : chaque variété en est la forme pleine et entière. Il n’est évidemment pas question d’imposer la « suprématie » de l’une de ces formes sur les autres, mais simplement de réunir sous une appellation commune des usages différents mais voisins, qui gardent leur individualité et leur caractère propre du reste, les locuteurs sont libres de nommer leur langue comme ils l’entendent, et de parler de béarnais, de périgourdin ou de niçard, choix qui ne sauraient masquer l’unité foncière de la langue qui, depuis mille ans, se manifeste avec éclat dans la littérature. Cette dialectique de l’unité dans la diversité est aux yeux du ministre de la culture et de la communication la seule manière d’envisager efficacement un avenir pour la langue, notamment en matière de création artistique et d’enseignement. À ces raisons de fond se rattachent des aspects pratiques. Il existe un certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES) d’occitan-langue d’oc qui fait droit à toutes les variétés de la langue. Il n’est évidemment pas envisageable que l’éducation nationale puisse instituer demain un concours séparé pour chacune d’entre elles, dont le nombre d’ailleurs ne semble pas faire l’unanimité chez les partisans d’une pluralité de langues d’oc. Les différentes variétés de basque ou de breton divergent bien davantage entre elles que les parlers d’oc les plus distants entre eux, sans que cela remette en cause l’unité de ces langues et la conscience qu’en ont leurs locuteurs. Il en est de même de l’arabe ou du chinois. Le Gouvernement travaille actuellement à la forme la plus adaptée à la reconnaissance et au développement de ce patrimoine linguistique d’une richesse unique en Europe.

 [1]

ARGUMENTS :

1 - La proximité ou la différente linguistique entre les parlers n’est
pas un critère pour les regrouper en langue unique ou en langues
distinctes
 : tous les linguistes et sociolinguistes sont d’accord là
dessus depuis un siècle (sauf les linguistes militants de telle ou telle
langue). Donc la comparaison avec les variétés du basque n’utilise pas le bon critère et ne signifie rien. La preuve c’est que justement le basque est considéré comme une seule langue, alors que d’autres langues distinctes sont beaucoup plus similaires entre elles (la liste en est longue… suédois et norvégien, hindi et urdu, luxembourgeois et allemand, etc…).

2- La situation sociolinguistique des deux exemples utilisés (basque et français) est tellement différente entre elles et différente de celle du provençal qu’elle n’a aucun sens car elle oublie que justement, c’est la situation sociolinguistique qui est déterminante pour identifier des langues.

3 - "Les différentes variétés de basque ou de breton divergent bien davantage entre elles que les parlers d’oc les plus distants entre eux, sans que cela remette en cause l’unité de ces langues et la conscience qu’en ont leurs locuteurs."

Cette idée n’est pas applicable à l"’occitan", terme dont n’ont pas "conscience les locuteurs" pour reprendre les propos du ministre. Quels que soient leurs dialectes, bretons ou basques sont d’accord sur leur identité et le nom de leur langue, pas les "occitans".

Par contre, cela est valable pour le Provençal. Quels que soient leurs dialectes, rhodanien, maritime, gavot... les locuteurs ont conscience de "l’unité de leur langue" et tous la nomment Provençal.


[1Photo XDR.