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Le vibrant hommage du peuple de Camargue à Francis Espejo

D 25 février 2010     H 17:55     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Ce matin, à 10 heures, le cimetière des 9 collines, à Arles, était comble. De toute la Provence, et du coeur de la Camargue, des centaines de personnes sont venues rendre un dernier hommage à Francis Espejo.

Figure incontournable de la bouvine, maître de la Monumental de Gimeaux, président du célèbre Fourmigo, et membre du conseil d’administration du Parc Régional de Camargue, Francis Espejo était aussi un homme droit, intègre et aimé. Son sens de la fête n’avait d’égal que ses idéaux de partage et d’amitié.

Ainsi que l’a rappelé, avec grande émotion, Ninou, sa femme, il était aussi un homme et un père aimé et aimant.

Chacun, en ce triste matin, avait au coeur des souvenirs heureux et c’est avec la plus grande émotion que la foule a applaudi l’artiste qui a ce jour quitté la piste.

C’est son ami, Christian Lombardo, qui a mené avec émotion la cérémonie, où la musique avait aussi toute sa place et où de grands noms de la musique se sont mêlés à ses amis du Fourmigo.

C’est en présence du maire d’Arles et de tout son conseil municipal, de la Reine d’Arles, de nombreux gardians, raseteurs, arlésiennes en costume, du représentant des clubs taurins Paul Ricard, de nombreux matadors et toreros, de musiciens et d’artistes que Francis Espejo a reçu un dernier hommage.

Monsieur Mohamed Raffaï, conseiller régional, représentant Michel Vauzelle, Président de la Région Provence, a fait une allocution remarquée.

Le Collectif Prouvènço a salué la mémoire d’un homme qui s’est toujours engagé pour la reconnaissance de la langue provençale. Invité à prendre la parole, Jean-Pierre Richard, Président du Collectif Prouvènço, a tenu le discours suivant :

"Francis,

Ta plaço, aqui, èro tant grando que tóuti li gènt que t’acoumpagnon pèr toun darrié vouiage vuei, te veson que coume un Camarguen, em’un afeciouna…. Desóublidon tóuti, pamens, qu’un Arlaten, un Camarguen, un ome afeciouna i rosso emai i biòu, tiro avans tout de nosto terro maire qu’es la Prouvènço…. Un image proun souvènt vist, malurousamen, pèr quàuquis un coume « ringarde », « passéiste », mai qu’es pamens la foundamento de ço que sian…

Or toi, Francis Espejo, tu es le symbole même de cette Provence à l’identité si forte, qui a pourtant toujours assimilé, et cela depuis des siècles, les meilleures choses venues de l’extérieur pour en faire l’authenticité provençale d’aujourd’hui…

Et c’est ainsi que même si la plupart des gens ne le savaient pas, tu étais viscéralement attaché à cette Provence et à sa langue, que le mouvement que j’ai l’honneur de présider défend avec acharnement depuis sa création, il y a dix ans… C’est la raison pour laquelle nous nous sommes connus. Et ce dont je puis attester, c’est que tu as toujours été parmi nous pour défendre une Provence – dont la Camargue est l’un des fleurons... -, ouverte sur les autres, mais fière de ce qu’elle est, et qui ne transigera pas, sur rien !… Devant tes amis qui m’ont demandé de parler ici, je suis sûr que de tels propos t’auraient ravi…

Tu étais fier d’être un libertaire Provençal, qui avait comme centre la « Commune Libre de Gimeaux », et dont le cœur était la Monumental…

Coume l’escriguè noste grand Mistral :

Soun mort li bastissèire,
Mai lou tèmple es basti…

Ta vido, aqui, s’acabo. Mai sara sèmble pèr nous, coume un simbèu, emai mume, un vertadié mounumen auboura pèr Arle, la Camargo e Prouvènço… Es pèr acò que t’óublidaren jamai !…"