Collectif Prouvènço - Uno regioun uno identita uno lengo

MDP 67

Edito par Jean-Pierre Richard, Président du Collectif Prouvènço

D 29 avril 2020     H 16:50     A La Chourmo dóu Couleitiéu    


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Aqueste cop, ié sian, « l’enemi invesible » es à mand de gagna la partido. Avèn pas vist coume aquesto salouparié de virus èro dangeirouso. Quouro lis entre-signe proumieren de la malautié espeliguèron en Éuropo, se neguè, aqui, lou cas italian. Diguèron ; en Franço, lou virus passara pas ! Sian plus fin ! E pièi, s’agis que d’uno « gripeto ».

Aqui, se countuniè de poutouneja, emai tambèn lis embrassado, li toco-maneto, etc. Dóu tèms que nòstis ami italian èron maca pèr aquelo countagioun. Eilabas, lou Presidènt dóu Counsèu, après que se d’enebicioun loucalo fuguèsson publicado, prenguè alor la decisioun de faire cala lou païs tout entié, e d’encafourna si seissanto milioun d’estajan. E à Codogno, lou fougau proumieren d’enfecioun, après mai de dous mes d’encafournamen, i’aguè plus ges de malaut.

Aqui pamens, nous-autre perseguiguerian lis embrassado, li taulejado au restaurant, lou pastaga dins li cafè, li rescontre de baloun. E pièi, li restricioun coumencèron
tardieramen. Trop tardieramen. E subre-tout, passerian au « nivèu tres » sènso que lis eleicioun fuguèsson remandado. Certo, li coumuno meteguèron en plaço lis counsigno ; se lava li man, distànci reglementàri, estilò persounau... Mai pèr lou despuiamen, lis assessour fuguèron au toco-toco, li curious se benastrugant en se
dounant de gràndi tapo sus lis esquino... E sèmpre que mai, pas de masco. Pas ges de respèt di distànci dins li grand magasin. Li marcat èron autourisa, emé de gènt
cacalucha lis un contre lis autre...

Sian dins un estat de guerro contro un « enemi invesible ». Lou fau coucha, riboun
ribagno, e ni coust ni coustié. Pas faire lou segound tour dis eleicioun. Mescla à
l’afaire li clinico privado que countùnion soun negòci fruchous alor que sian en
manco de lié, d’alenadou artificiau... Touca tambèn l’armado e soun ourganisacioun
pounchudo... Fau descarga lis espitau que soun au bout...

Ami, vous l’afourtissse. Ço que nous espèro es dramati. Nòsti menaire soun pas
capable de faire quauco-rèn à la lèsto, emé gàubi, e d’un biais sena. Anen-ti èstre maca, coume d’ùni que i’a lou dison, pèr uno mourtalita terriblo ? Au moumen que
siéu en trin d’escriéure tout eiçò, devrian agué uno declaracioun dóu Presidènt de
la Republico. Fau espera que prendran li bòni decisioun.

Tre qu’aquel episòdi em’aquelo criso moundialo saran fini, devrian impausa un
chanjamen vertadié. Sara mestié de n’en tira li counsequèci. Naciounalisa, o,
naciounalisa li entre-presso que soun li cepoun d’uno nacioun, o lou faire au nivèu
éuroupen. Me pense aqui i remèdi, à l’energìo, à la gestioun de l’aigo e tout ço que
douno l’escasènço de resta mèstre au siéu. Faudra metre de sóu dins lis espitau,
respondre i demando de soun persounau pèr fourma, louga de gènt coumpetènt e pas se leissa crea de desert medicau, etc. E subre-tout, pas óublida !

N’ia que me van rebeca : « mai fasès de poulitico ! ». NOUN ! Rendèn justiço, que dins la vido, avèn de bèn precious que soun la santa e la liberta.
Noste magasine, proubable, sara pas estampa. Anen lou publiuca d’un biais numeri.
Aura pèr titre :
Lou Coronavirus es à l’agachoun
# APARAS-VOUS, RESTAS À L’OUSTAU !


Cette fois nous y sommes ! « L’ennemi invisible » est en passe de gagner la partie. Nous n’avons pas pris à temps la mesure du danger de cette saloperie de virus. Quand les premiers symptômes de la maladie sont apparus en Europe, nous avons nié le cas italien. Nous avons dit : en France le virus ne passera pas car nous
sommes plus forts !... Et puis, il ne s’agit que d’une « gripette ».

Nous avons continué les bises, les embrassades, les serrages de main etc.Pendant ce temps, nos amis italiens ne se relevaient pas de cette épidémie. Le Président du Conseil de l’Italie, après des interdictions locales, a pris alors la décision d’arrêter le pays et de confiner ses soixante millions d’habitants. Et à Codogno, le premier foyer d’infection, après plus de deux mois de confinement, cette dernière est tombé à zéro cas de personnes atteintes.

Pendant ce temps, nous, nous avons continué les embrassades, fréquenté les restos, les bars, les matchs de foot. Puis les restrictions ont débuté tard. Trop tard. Et surtout, nous sommes passés en « niveau trois » sans reporter les élections. Bien sûr, ici, les communes ont appliqué les consignes : lavage de mains, distance réglementaire, stylo personnel… Mais en revanche, au dépouillement, les assesseurs étaient les uns sur les autres, les curieux se félicitant à grand coup de claques dans le dos… Toujours pas de masque, pas de respect de distance dans les supermarchés. Les marchés de plein air sont autorisés avec des consommateurs les uns sur les autres…

Nous sommes en état de guerre contre un « ennemi invisible ». Il faut le terrasser, et pour cela se donner les moyens. Ne pas faire le deuxième tour des élections. Impliquer les cliniques privées qui continuent leur business sans être impactées, alors que nous manquons de lits, de soins, de respirateurs artificiels… Il faut
impliquer l’armée et sa logistique… Il faut décharger les hôpitaux qui sont à bout.

Mes amis, je vous l’affirme. Ce qui nous attend est dramatique. Nos dirigeants sont incapables d’agir avec rapidité, avec force, et avec discernement. Allons-nous subir, comme le laisse entendre des experts, une mortalité insupportable ? A l’heure où j’écris ces lignes, nous devrions avoir une déclaration du Président de la République. Espérons que les bonnes décisions seront prises.

Dès que cet épisode et cette crise mondiale seront terminés, nous devrions imposer un véritable changement. Il faudra en tirer les conséquences. Nationaliser, oui nationaliser les entreprises qui sont les piliers d’une nation ou le faire au niveau
européen. Je pense aux médicaments, à l’énergie, à la gestion de l’eau, et à tout ce
qui permet d’être maître chez soi. Il faudra investir dans les hôpitaux, répondre
à la demande du personnel pour former, embaucher, ne pas créer de désert médical, etc. Surtout ne pas oublier !

Certains vont me dire : « mais vous faite de la politique ! » NON ! Nous rendons justice, car dans la vie nous avons des biens précieux, qui sont la santé et la liberté.
Notre magazine ne sera probablement pas imprimé. Nous allons le diffuser par voie numérique. La page de couverture portera un titre : Le Coronavirus vous guette
# PROTEGEZ-VOUS, RESTEZ CHEZ VOUS !

Cet éditorial est fait en libre expression. On le sait, depuis vingt ans, le Collectif
Prouvènço est un mouvement social en marche. Aussi, avons-nous pris toutes les
dispositions pour protéger le personnel et les bénévoles. Nous avons ajourné
le Forum des Aulnes. Nous avons mis en place le télétravail. Et si nous n’avons
plus cette possibilité, nous mettrons nos salariés en chômage technique. Mais ils
seront rémunérés.

Amis lecteurs, je vous recommande de prendre toutes les dispositions pour assurer votre santé. Respectons les consignes !
Gardons confiance en l’avenir. Soyons solidaires !


Rédigé le 20 mars 2020