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Magazine MDP 57 - Interview de Jean-Louis Blanchard

D 23 octobre 2017     H 17:59     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Interview de Jean-Louis Blanchard Président de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins

Basée à Marseille, la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins (FFESSM) est née au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Jean-Louis Blanchard en est aujourd’hui le Président. Passionné de plongée, il signe également l’éditorial de Subaqua, le magazine spécialisé sur le sujet.

Propos recueillis par Jean-Pierre Richard

Pouvez nous décrire les objectifs de la fédération que vous présidez et détailler les actions qu’elle mène ?
La plongée en scaphandre est la plus connue de nos activités, mais nous organisons également la formation, l’entraînement, les championnats pour les activités subaquatiques suivantes : apnée, nage avec palmes, pêche sous-marine, hockey subaquatique, nage en eau vive, tir sur cible subaquatique. Enfin, au fil des années, la plongée ayant développé un véritable marché analogue à celui du ski, il faut savoir que, parmi nos 2500 clubs, nous fédérons également presque 500 structures professionnelles. Tout cela maille le territoire national, y compris les îles lointaines.

La plongée est un sport à part entière. Mais c’est aussi un « hobby », et cette discipline touche bien d’autres activités, comme la pêche, et même la découverte archéologique, je pense notamment à la Grotte Cosquer.
La plongée sportive a ceci de fascinant qu’elle ouvre à maintes sous-disciplines. Beaucoup se contentent du plaisir de l’immersion ; la verticalité, le bleu, l’immensité, la contemplation de la faune et de la flore, du relief et des roches, procurent plaisir et sensations. D’autres vont s’intéresser aux épaves englouties et à l’archéologie, et des plongeurs souterrains qui explorent les cavités englouties et font parfois d’étonnantes découvertes, comme en effet la Grotte Cosquer. Il y a aussi les "Bios" ; ceux-là étudient au plus près toutes les manifestations de la vie, l’écologie sous-marine, le classement des espèces. D’autres encore, férus d’image, sont photographes ou vidéastes sous-marins. Et puis il y a celles et ceux pour qui sport rime avec compétition ; on va les retrouver dans les championnats d’apnée, successeurs des personnages du film « Le Grand Bleu », ou dans les compétitions de nage avec palmes. Enfin, les pêcheurs sous-marins, munis d’un fusil harpon, traquent le poisson en apnée... tout en ayant compris le respect de l’environnement.


« L’Histoire a voulu que la plongée sportive moderne naisse sur cette côte méditerranéenne, quelque part entre Marseille et Toulon. »

La plongée c’est également bien d’autres activités professionnelles : réparation maritime, pose de câbles… Font-elles partie des attributions de votre fédération ?
Il existe effectivement plusieurs métiers de la plongée, mais ceux-ci dépendent d’administrations diverses et de formations professionnelles spécialisées : par exemple, l’archéologie sous-marine est rattachée au Ministère de la Culture. La plongée sur chantier (pose de câbles, plates-formes pétrolières, etc.) dépend du Ministère du Travail. Les plongeurs de bord, les commandos dépendent du Ministère des Armées. Nous, nous gérons la plongée sportive de loisirs. Les moniteurs de plongée reçoivent leur formation chez nous et dépendent du Ministère des Sports.

Jean-Louis, vous êtes le Président de cette importante fédération. Vous êtes aussi professeur de mathématiques à l’Université d’Avignon, et de toute évidence vous parlez la lengo nostro ! Dites-moi, la Provence et le choix de Marseille comme siège social... Ce n’est pas un pur hasard ?
« Siéu un Prouvençau. Siéu nascu à Cavaioun. Ma maire-grand, moun paire-grand e moun paire parlavon la lengo nostro. Ai la musico prouvençalo dins lis esgourdo. La Prouvenço es aterminado au miejour pèr la mar. E l’aigo de la mar, forço founs, es d’une generosita sènso pariero ». L’Histoire a voulu que la plongée sportive moderne naisse sur cette côte méditerranéenne, quelque part entre Marseille et Toulon, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Ce sont donc des Provençaux qui se fédérèrent dès 1948 afin de créer notre fédération. Le siège social se trouve sur le quai de Rive Neuve, à Marseille. Nos bureaux donnent directement sur le Vieux-Port. Difficile de faire mieux. Le symbole est là : la Fédération des Sports Subaquatiques a les pieds dans l’eau, là où tout a commencé. Quant à mon activité professionnelle, très réduite depuis que je préside la fédération, car cela m’occupe beaucoup, vous aurez noté que je l’exerce à Avignon, l’une des plus belles villes de Provence.
J’ai gardé le meilleur pour la fin. « Ai garda lou meiour pèr la fin : moun mas es dins lis Aupiho, proche di biòu, di pastre e di fedo. Quouro ai lou tèms, vau ana courre sus lis auturo dis Aupiho, ounte se pòu vèire la mar, eilabas, au miejour ». Ainsi, provençal et plongeur, je réunis sous mes yeux les paysages de la Provence et les étendues méditerranéennes...

Plus d’infos sur le site de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins :
https://ffessm.fr


Subaqua, le magazine
Subaqua est une revue bimestrielle éditée par la FFESSM. Distribuée en kiosque et par abonnement, Subaqua est adressée à tous les responsables de clubs et de structures commerciales de la FFESSM, en France métropolitaine et dans les DOM COM. Elle s’adresse aux 145 000 licenciés, plongeurs et sportifs fédéraux. La revue édite également des hors-séries thématiques.

Article paru en version provençale dans le magazine Me Dison Prouvènço – n°57 octobre-novembre-décembre 2017.