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Magazine MDP 57 - Le Festival de Martigues

D 23 octobre 2017     H 17:46     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Le Festival de Martigues

« Danse, musique et voix du monde », cette grande fête de l’amitié entre les peuples entièrement portée par des bénévoles, a soufflé ses 29 bougies l’été dernier.

C’est une foule d’artistes qui sont venus de Taïwan, du Botswana, du Kamchatka, de Cuba, de Bolivie, de Rusie, de Nouvelle-Zélande, d’Inde… et bien sûr de Provence ! Et quand la Capouliero accueille, c’est plus qu’une fête… C’est une fête que l’on fête !
Et la Venise provençale s’enchante en maints endroits de cette diversité. On peut passer de la grande scène du Canal Saint Sébastien au « Village de Ferrières ». Là, Hélène Colin-Deltrieu et Jean-Michel Turc, tous deux férus de cultures du monde, y ont présenté des artistes venus des quatre coins de la planète… Et la langue provençale, leur langue préférée, dans laquelle ils excellent, est toujours mise à l’honneur dans leurs brefs mais riches exposés.
Ce n’est pas dans tous les festivals que l’on peut profiter de ce privilège linguistique-là !

Toute une soirée, Natacha Saint-Pier, la plus canadienne des « chanteuses françaises », nous a enchantés aussi avec ses chansons où elle célèbre son Acadie natale. Deux chansons dans la langue des Indiens de là-bas : une belle façon de rendre justice aux parlers de ceux qui furent persécutés. Des parlers qui résistent encore... On est fier parfois d’être un peu perçu comme « le dernier des Mohicans »…
Le mari de Natacha Saint-Pier est pompier. Au cours de son récital, elle a rendu hommage à tous les soldats du feu durement éprouvés dans notre Midi. Des milliers d’hectares ravagés cet été… Qu’il me soit permis, au passage, de dénoncer l’insuffisance grave des moyens aériens de lutte contre les incendies. Est-il normal d’attendre que le pire soit arrivé pour passer commande de nouveaux appareils ? Défendre notre Provence c’est aussi s’indigner contre pareille incurie ! Merci Natacha d’avoir pointé du doigt des choses essentielles !
Grand merci encore à tous ces « migrants » enchanteurs, à ces artistes, danseurs, musiciens, chanteurs, venus souvent de si loin ! Peut-être peuvent-ils, eux, nous garder, nous guérir de cette « terrible peur de l’autre »…
Bravo au Festival de Martigues, véritable fête de la fraternité humaine !... Soyons nombreux près du Canal Saint Sébastien, en juillet prochain, pour célébrer ensemble le 30ème anniversaire de ce si beau Festival de Martigues !

René Claret

Article paru en version provençale dans le magazine Me Dison Prouvènço – n°57 octobre-novembre-décembre 2017.