Collectif Prouvènço - Uno regioun uno identita uno lengo
Vous êtes ici : Accueil » Vient de paraître Ven d’arriba » Magazine trimestriel bilingue Me Dison Prouvènço » Pan-Perdu, le chien de Mistral avait-il l’accent américain ?

Pan-Perdu, le chien de Mistral avait-il l’accent américain ?

LIBRE AVEJAIRE / LIBRE EXPRESSION

D 3 mai 2021     H 11:24     A La Chourmo dóu Couleitiéu    


agrandir

Dans le dernier Me Dison Prouvènço (n°70), nous avions invité nos ecteurs à participer à un petit jeu, qui consistait à trouver l’intrus dans deux photographies quasi identiques, prises respectivement à plusieurs décennies d’intervalle. Le plus perspicace d’entre eux, un certain Panisse Thermomix, d’Aubagne, nous a donné la réponse : l’intrus n’est autre que Pan-Perdu, le chien de Frédéric Mistral.
Bravo Panisse !

Au sujet de ce célèbre canidé, connaissez-vous sa véritable histoire ? La voici contée par un autre de nos lecteurs, Théophraste Peissounié, de Cuges-les-Pins, qui la tenait lui-même d’un descendant indirect de la cousine de sa sœur, amie d’un habitant de Maillane qui avait trouvé un manuscrit dans le grenier de sa voisine.

Et que racontait ce manuscrit ? Lisez donc : « Un soir d’octobre 1891 (Mistral a donc 60 ans), notre poète Provençal rentre chez lui. Sur la route, un chien au poil noir surgit, lui fait la fête, puis fait un numéro de cirque : triple saut périlleux, double salto… Mistral le chasse avec sa canne puis continue sa route. Mais le chien le suit jusqu’à sa maison. La femme de Mistral et la servante donnent à manger à la bête. Le lendemain, Mistral voit le chien devant sa porte, qui fait à nouveau son cirque. Las, Mistral finit par l’adopter et l’appelle Pan-Perdu. Une très belle amitié naît entre eux et ils deviennent inséparables.
Un jour, Mistral dit au chien : « Mon chien, tu commences à te faire vieux ! Il faudrait songer à ta descendance. » Le chien s’en va et revient dix minutes plus tard avec une chienne et des chiots ! L’animal, pas si bête, avait déjà pensé à sa descendance, et Mistral s’est longtemps demandé si le chien ne l’avait pas compris. Il adopte un des chiots qu’il appellera Pan-Panet, puis un des fils de Pan-Panet qu’il appellera Jean Toutouro. Quelques années avant sa mort, Mistral a tracé les plans de son tombeau-mausolée. Outre de beaux visages de Provençales et l’étoile félibréenne, le poète a exigé qu’un sculpteur grave sur la pierre l’effigie de Pan-Perdu. »





Cela pourrait être la fin d’une belle histoire, mais écoutez le plus surprenant : Théophraste Peissounié nous apprend qu’il se trouvait un jour aux Etats-Unis, en visite au Buffalo Bill Center. Dans ce musée à la gloire de Bill Cody, il constate que le célèbre chasseur de bisons et Mistral se ressemblent trait pour trait (certains y voient également un air de famille avec le Professeur Raoult, mais c’est une autre histoire). Notre touriste en goguette se pose des questions sur les deux hommes mais aussi sur le chien de Buffalo Bill, également représenté en photo au musée, qui ressemble étrangement à celui de Mistral, Pan-Perdu. Vous suivez ?...
Il fait des recherches à son retour en Provence et apprend que Buffalo Bill a fait deux tournées en Europe avec son Wild West Show ; en 1889 et en 1905. Cette année-là, le marquis Folco de Baroncelli invita Buffalo Bill dans sa manade en Camargue. Et ce dernier lui a appris alors qu’en 1889, il avait perdu son chien de cirque du côté de Tarascon !
Pan-Perdu aurait-il donc parcouru des kilomètres à travers champs et sur les routes jusqu’à Maillane pour finalement s’attacher au sosie de son maître perdu ?! Théophraste Peissounié, qui se présente comme astrologue professionnel (nous n’en savons pas plus, sauf qu’il est né un 1er avril, précise-t-il, sous le signe du bélier et non du poisson comme son patronyme pourrait le laisser supposer), Théophraste Peissounié donc, ne nous en dit pas plus.

Fin de l’histoire.



Une histoire à retrouver en version PDF juste ici :

PDF - 491.6 ko

Et pour lire d’autres articles, abonnez-vous au magazine bilingue Me Dison Prouvènço sur notre boutique en ligne >>> Je m’abonne