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Question ouverte d’Yvan Lachaud au Ministre de la Culture et de la Communication

Sian e Saren

D 20 octobre 2009     H 14:51     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Lors de la manifestation Sian e Saren qui s’est déroulée samedi 3 octobre dernier de Beaucaire à Tarascon, le député de la première circonscription du Gard, Monsieur Yvan Lachaud, nous a fait l’honneur de venir défiler à nos côtés pour la pluralité des langues d’Oc.

Il a pris la parole pour affirmer haut et fort son attachement aux langues d’Oc lors de la manifestation mais il ne s’en est pas tenu là et nous a fait parvenir une copie de la question ouverte qu’il a adressé au Ministre de la Culture et de la Communication concernant le provençal.

C’est avec plaisir que nous mettons cette question ouverte en ligne :

Question orale sans débat posée par Yvan Lachaud au Ministre de la Culture et de la Communication, sur la reconnaissance du provençal

M. Yvan Lachaud attire l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la nécessité pour l’Etat de reconnaître, promouvoir et développer les langues régionales dans notre pays. Après la reconnaissance dans la Constitution des langues régionales en 2008, la liste nominative des langues régionales officiellement reconnues dans la Constitution sera publiée cette année. Si certaines d’entre elles, comme le breton, le corse, le basque, le catalan, l’occitan, le picard, sont à peu près assurées d’être officialisées, il n’en est pas de même pour le provençal. La langue provençale est parlée par 500 000 personnes et comprise par 1 500 000 personnes. Elle possède sa grammaire, ses dictionnaires réactualisés depuis le XVIIIe siècle et elle est la seule langue régionale à avoir été honorée d’un prix Nobel - honorant Frédéric Mistral en 1904 - et, de nos jours encore, de véritables chefs-d’œuvre littéraires sortent chaque année. Il est donc normal que la langue provençale soit reconnue à part entière, et non comme un « sous-dialecte occitan ». Une langue est une culture, une manière de penser et de vivre. Défendre les langues régionales c’est développer notre richesse cultuelle. Cet héritage que nous avons reçu, nous devons à notre tour le transmettre. Il souhaite donc connaître la position du gouvernement sur la reconnaissance du provençal.

Pour mémoire, le discours du député Yvan Lachaud lors de la manifestation "Sian et Saren" :

Retranscription intégrale du discours du député Yvan Lachaud

Je voudrais saluer mon collègue parlementaire, messieurs les maires de Beaucaire et de Tarascon, tous les élus ici présents, conseillers généraux, conseillers régionaux. Permettez-moi, Monsieur le Président, de saluer quand même particulièrement une élue, parce qu’on a salué tout à l’heure le tambourinaire que je suis, je voudrais saluer la maîtresse de danse qui est ici, adjointe au maire de Châteaurenard. Voilà, je crois qu’on peut l’applaudir aussi : la gigue ça mène à être élu !

Il y a des discours qu’on a du mal à préparer, on se dit dès fois qu’est ce qu’on va faire dans cette manifestation… pour moi aujourd’hui es pas complicat parce que j’ai joué du galoubet tambourin depuis plus de 40 ans alors donc convaincu que je suis de la richesse de nos traditions et de l’importance de la pratique de notre langue. On a –un certain nombre d’entre nous- on s’est battu, on est arrivé à régler le problème juridique constitutionnel des langues régionales. On est arrivé à la signature de la Charte Européenne : c’était un combat qui durait depuis quelques années. Et puis, oui, les langues régionales concernent les 2/3 de nos départements sur le territoire. Oui aussi, les langues régionales font partie de cette diversité de notre territoire mais aussi de son unité. On n’est pas tous pareils, on a des histoires différentes et c’est parce qu’on a ces histoires différentes et qu’on peut les vivre librement que notre pays a une grande unité. Ceux qui prêchent en disant « les langues régionales c’est la catastrophe dans notre pays », on a plus d’unité », c’est le contraire qui se vit dans notre pays. Les langues régionales, c’est l’identité culturelle de notre pays et pratiquer la langue en privé ou en public c’est un droit imprescriptible. Il faut qu’on se batte là-dessus : on ne peut pas nous interdire de pratiquer notre langue.

Alors, c’est pas fini. C’est pas fini parce que tu le disais tout à l’heure, Monsieur le Président, et je te félicite pour ton engagement et pour cette belle manifestation, c’est du boulot, on sait ce que c’est qu’organiser une manifestation… Lorsque cette liste va sortir, la liste des langues, on sait déjà que le breton y est, que le catalan y est, que la langue d’oc y est : il faut absolument que le provençal y soit ; parce que moi, le languedocien que je suis est ici en terre un peu étrangère mais bien accueilli quand même. Et je vais vous dire pourquoi en terre étrangère, parce que ce Rhône, on en fait une séparation, eh bien non ! Jusqu’au Vidourle, à Nîmes, on parle pas la langue d’Oc de Toulouse ou de Montpellier, on vit les traditions de Provence, on porte le costume de l’Arlésienne, on chante et on danse comme les provençaux et on est à cheval aussi parce qu’on est en Camargue ! Donc, on a rien à voir avec les toulousains avec tout le respect qu’on leur doit parce qu’eux aussi ils ont le droit d’exister mais notre existence, elle nous appartient.

Alors peut-être qu’un jour il faudra oser chanter la Coupo Santo dans l’hémicycle, moi en tous cas ça ne me dérangera pas de le faire et j’amènerai même mes instruments pour aider mes copains à la chanter ! Voilà…

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Quant à l’histoire de la bombe, je voulais m’associer – mais il en dira plus que moi – à mon copain parlementaire d’ici… Vous savez, vous avez toujours des députés qui gambergent un peu, ils ont des idées, de temps en temps ils sortent des propositions de loi où ils vont nous parler de bombes. Bon ben ils ont jamais vu ici, c’est normal ils sont du coin de la Région Parisienne, ils voient que des champs de courses et tout ça…. Donc, nous ici, eh bien écoutez, c’est pas demain la veille que cette proposition de loi va être votée parce qu’on sera un certain nombre à y aller et s’il faut, les gardians, vous viendrez avec nous parce qu’il n’est pas question qu’on perde ce beau chapeau et qu’on nous impose de porter n’importe quoi sur la tête ! Voilà. Vous n’allez pas faire des arrivées avec des bombes : les abrivados et les encierros toujours avec le galurin !

Et puis, écoutez très sérieusement je voudrais citer pour terminer Mistral qui disait « nous toujours au grand jour, nous voulons parler la langue du midi »…

« Nautre en plen jour, voulen parla toujour la lengo dóu miejour »

Gramaci.