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Stéphane Daniel fait naître le clip de Gadagno

D 22 janvier 2013     H 12:49     A La Chourmo dóu Couleitiéu     C 0 messages


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Après avoir sorti son single "Gadagne", produit par les internautes, Stéphane Daniel sort désormais son premier clip vidéo.

Le 1er septembre dernier, un nouveau projet sur un site communautaire lui a permis d’enregistrer son disque. 30 jours plus tard, les 3000€ estimés pour la réalisation de la vidéo sont décrochés !

Stéphane Daniel nous raconte son aventure...

Lorsque j’ai choisi "Gadagne" pour le CD, j’ai entendu à maintes reprises que ce n’était pas une bonne idée. Je le savais déjà au fond de moi-même puisque commercialement parlant, la chanson durait plus de cinq minutes ce qui déjà, me fermait les portes des radios (la durée idéale ne devant pas dépasser 3’15). Autre handicap, pas de refrain ! J’aurais pu en rajouter un, il est écrit, rajouté au texte initial, mais, si cinq minutes c’est trop, imaginez dix !!!??? Châteauneuf de Gadagne, petit village du Vaucluse quand d’autres ont chanté "Toulouse", "Paris", "Montréal" ou encore "Marseille", il était clair que mon auditoire serait plus réduit. Pourtant, les internautes, des quatre coins de France, mais aussi d’Europe avec notamment bon nombre de Belges m’ont connu, encouragé et suivi pour ce titre qui, au-delà de la situation géographique, exprimait la nostalgie et les souvenirs d’enfance. Maintenant, où sont les priorités ? La mienne est de partager des chansons et des émotions. Ma plus belle récompense a toujours été de voir des yeux briller et, lorsque j’entends à la fin d’un concert "j’ai pleuré", alors pour moi, c’est le "jackpot", la récompense ultime !

A ce jour, le CD s’est écoulé à un peu moins de 500 exemplaires, on est loin du disque d’or mais sachant que la plupart se sont vendus aux sorties de concerts, ce n’est pas si mal ! Quelques radios l’ont diffusé dont France Bleue Vaucluse qui m’a suivi dès sa sortie et a continué à le passer encore longtemps après. La vidéo manquait. De nos jours l’image a beaucoup d’importance aussi. 2 ans après le disque, stratégiquement parlant, encore aucun intérêt, une nouvelle mission suicide ! Décidément !!! Je suis en train de mettre en place une formation pour jouer mes compositions et envisage d’enregistrer un album. Mais, j’ai pensé que, dans l’attente, un vidéoclip pour boucler la boucle et passer à autre chose permettrait la transition. C’est sûrement un peu égoïste encore. C’est vrai que j’y tenais beaucoup à cette vidéo qui était prévue à l’origine dans la continuité, avec le budget du cd. Lorsque j’ai demandé au site de débloquer les fonds, j’ai appris, à mon grand désespoir, qu’il ne restait que 70€ !
Le 1er septembre, après avoir pris la température sur les réseaux sociaux auprès d’une poignée d’amis et fans qui m’ont donné leur aval, j’ai lancé ce nouveau projet. Un clip pour 3000€. Un mois après, la somme était récoltée et je me suis mis aussitôt en contact avec un ami, Jean-François Cérézo, réalisateur marseillais, que je connais depuis quelques années déjà. Nous nous sommes vus après un concert sur Martigues et avons parlé toute la nuit. Nous avons mis nos idées à plat puis continué les jours suivants par téléphone ou par courriel. Nous nous sommes également rendus sur place, en repérage, pour prendre quelques photos. Un petit passage obligé chez Pierre Courbet, le monsieur qui m’avait adapté la chanson en provençal. Ce dernier nous a offert une visite guidée et nous avons pu ainsi visiter le château de Fontségugne alors que jusque-là, mes visites s’étaient arrêtées au portail d’entrée.

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Jean-François m’a envoyé un premier scénario, puis un autre et encore un autre puisque le scénario n’a jamais cessé d’évoluer. Le temps était compté. Il a réuni l’équipe de tournage, Bruno Djiane, Maxime Saint-Léger et Bastien Choquet. De mon côté, j’ai fait appel à Thomy Lee, un ami musicien du Vaucluse pour s’occuper de la régie. Par rapport aux disponibilités de chacun, la date a été fixée à la dernière semaine de novembre, les 26, 27 et 28 en espérant une météo clémente. La semaine qui a précédé nous étions chaque jour aux aguets à surveiller les prévisions de Météo France et, celle-ci ne présageait rien de bon. L’équipe étant réunie, le matériel loué, nous ne pouvions plus faire marche arrière. Nous avons néanmoins décalé le tournage d’un jour et sommes arrivés le lundi soir sous la pluie.

Trois jours de pluie, de mistral et de grand froid. J’ai voulu réunir tant que possible des Gadagnais de ma famille. Aussi, la petite fille est jouée par Manuela, une petite cousine. On y voit aussi son frère Jonathan et sa mamie, Anne-Marie, qui nous a confié son cheval Floyd, de qui elle se souciait plus que de sa propre personne puisqu’elle est venue malgré une fracture due à une chute récente. Marie-Pierre, une autre cousine s’est chargée de conduire l’attelage. Ma mère et mon grand-père sont venus de Port de Bouc. Mon filleul, Mickael, coupé au montage créera un incident diplomatique familial. Monsieur et Madame Courbet m’ont fait l’honneur d’être parmi nous et je tenais beaucoup à leur présence. Les familles Fabris et Juillan, qui ne se sont pas contentés d’être des figurants mais, se sont pliés en quatre pour nous, aussi bien pour l’organisation que la logistique. Robert Aprin, que j’ai connu grâce au Collectif Provenço, m’a fait l’amitié de venir incarner un Frédéric Mistral plus vrai que nature... Moi, j’avais sorti "mes habits du dimanche" pour l’occasion, mais vu le froid, je ne suis pas "fada", j’ai gardé ma veste.

Dès le premier jour, nous avons pris beaucoup de retard. Il nous a fallu composer avec le mauvais temps et beaucoup de scène du scénario original ont été supprimées. Il nous aurait fallu toute une semaine pour bien faire. Jean-François a géré ça au mieux et improvisé tout le long pour avoir malgré nos déboires, matière à travailler.

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Antonin

Le petit garçon, Antonin, est le fils de ma femme, mon "presque fils" comme je le dis parfois,... Mon meilleur copain ... Et, ce petit homme de 8 ans et demi a été exemplaire. J’ai entendu souvent râler sur le tournage et je peux comprendre. Le froid, l’attente, l’organisation... Lui, jamais ne s’est plaint ! Il a été là sur les 3 jours (autant heureux de tourner que de manquer l’école) et le dernier jour, avec un froid glacial et vêtu seulement d’une petite chemise, profitant des quelques minutes de lumière qu’il nous restait, nous avons tourné la scène finale. Il était épuisé et glacé. Il en pleurait. "Moteur", "Action"’, il séchait ses larmes et retournait au charbon comme si de rien n’était. J’ai eu à mon tour les yeux mouillés et le coeur serré, de voir ce petit gars aussi courageux, qui se surpassait sûrement pour ne pas me décevoir et, peut-être le seul à savoir finalement, combien tout ceci était important pour moi.
Je suis rentré du tournage fatigué et déprimé. Je pensais qu’on ne tirerait rien de bon de tout ça, n’avais que peu d’espoir... En l’espace de quelques jours, Jean-François m’a fait parvenir les premières images du montage et là, j’ai commencé à penser que si le Bon Dieu nous avait mis la pluie, c’était en réalité une bénédiction, pour sublimer les images et apporter un côté tragique au rendu final.

J’ai publié la vidéo en privé sur un site célèbre de partage de vidéos pour ne donner l’accès qu’à certains membres de la famille, aux figurants, à l’équipe de tournage, et bien sûr, aux participants qui ont investi pour rendre cette aventure possible. Je n’ai eu à ce jour que des bons échos et beaucoup de larmes... J’espère qu’à votre tour, vous aimerez ce que vous verrez...

A très bientôt...

Stéphane Daniel

Vous pouvez suivre mon actualité sur Facebook en attendant l’arrivée prochaine du site www.stephanedaniel.com