lundi 17 mai 2010, par Webmaster
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Pourquoi défendre et promouvoir le provençal comme langue de France à part entière ?
La langue provençale est vivante, à l’image de la culture qu’elle porte. La vitalité de l’édition, de la chanson, de la presse d’expression provençale, du théâtre ou des associations culturelles en est la démonstration. L’audience des émissions télévisées en provençal le confirme. L’usage du provençal dans les affichages publics, panneaux et publicités, témoigne de ses fonctions identitaires et économiques.
Les enjeux majeurs du soutien à la pluralité linguistique de la France, et notamment aux langues de France dites « régionales », sont dorénavant connus et largement acceptés, même s’il reste beaucoup à faire pour mettre en œuvre une véritable politique linguistique efficace en ce sens. Car il n’en reste pas moins que le provençal est en danger. Un intérêt renouvelé lui est porté, une demande sociale de préservation s’exprime, mais sa transmission familiale est de moins en moins assurée, son enseignement reste limité, sa place dans la vie quotidienne reste discrète, et la disparition progressive des générations qui l’ont acquis en famille réduit chaque jour le nombre de ceux qui le parlent.
Ce n’est pas directement pour alerter les pouvoirs publics et l’opinion publique sur ces enjeux que le Collectif Prouvènço a appelé à manifester le 17 mars 2007 et à signer ce manifeste. C’est parce que, de façon persistante depuis quelques décennies, le provençal se voit contester par certains mouvements militants son statut de langue afin de l’intégrer de façon abusive et forcée dans une langue dite « occitane ». Ce refus de reconnaissance est régulièrement relayé par les deux grands ministères en charge des langues de France : celui de l’éducation Nationale (alors que sa position antérieure était beaucoup plus nuancée), celui de la Culture, depuis la création de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France en 1999.
Depuis la signature de la Charte européenne des langues régionales en 1998 et la mise en place de mesures de soutien aux langues régionales qui s’en est suivie, de grands groupements d’associations provençales (comme l’Union Provençale ou le Collectif Provence aujourd’hui), appuyés par une forte majorité des élus de la région (les 3/4 des parlementaires provençaux l’ont fait au cours de la législature précédente), ont interpellé à maintes reprises les gouvernements pour faire valoir la légitimité de leur demande et la preuve de sa pertinence. A maintes reprises également, des ministres et de hauts responsables ont ouvert des perspectives, voire donné des assurances, qui n’ont jamais été concrétisées ni pérennisées.
Il faut rappeler que :
Toutes les enquêtes de terrain et les études scientifiques confirment que le provençal réunit toutes les conditions de reconnaissance comme langue à part entière, dotée des moyens de sa promotion et de son enseignement. Parallèlement, toutes les études historiques montrent que l’ « Occitanie » n’a jamais existé, que ni les régions ni les parlers du grand sud n’ont jamais été unifiés dans leurs usages, leurs formes et leurs graphies. L’affirmation de l’existence d’une « Grande Occitanie » dotée de sa « langue occitane » unifiée est une construction idéologique plus que discutable, dans ses fondements comme dans ses projets.
Or, promouvoir le provençal comme langue à part entière avec des mesures adaptées à sa situation particulière est la seule possibilité pour qu’il survive. L’intégrer dans un ensemble « occitan », et lui appliquer les mesures inadaptées préconisées par les militants de cette langue artificiellement unifiée, conduira inévitablement le provençal à sa disparition. Il est clair que serait vouée à l’échec une éventuelle politique linguistique et éducative qui prétendrait concerner le provençal :
Un grand et vif débat public a eu lieu depuis plusieurs années entre les tenants d’une intégration dans un occitan unifié et les tenants des langues d’oc, chacune d’elles étant une langue à part entière. La population provençale et ses élus légitimes ont exprimé massivement un choix pour une reconnaissance du provençal comme langue à part entière. La presse, les questions écrites des députés et sénateurs, les courriers, déclarations ou adhésions au Collectif de nombreux maires et jusqu’au Président de notre Région s’en sont fait l’écho. Les principes humanistes, républicains et loyaux qui les animent sont incontestables. Des études scientifiques confirment les fondements de ce choix. Il est donc grand temps que la situation du provençal soit définitivement et démocratiquement clarifiée pour que vive dignement cette langue aux côtés des autres langues de la famille d’oc et de toutes les autres langues de France, d’Europe et du monde.
Il est de notre devoir citoyen à tous de nous engager pour cela.
Philippe Blanchet, Professeur de Sociolinguistique et Didactique des Langues – Directeur de l’équipe de recherche ERELLIF (EA3207) - Directeur de l’école doctorale 464 "Humanités et Sciences de l’Homme. Université Rennes 2 Haute Bretagne.
Edmonde Charles-Roux-Deferre, écrivain, Présidente de l’Académie Goncourt.
Jean-Pierre Tennevin, Professeur agrégé des Lettres honoraire, Mèstre en gai sabé, Majoral du Felibrige.
Jean-Pierre Richard, Président du Collectif Prouvènço, Président de Terre de Provence, Membre du Conseil Académique des Langues Régionales.
Remi Venture, Directeur de la Bibliothèque Joseph Roumanille, St Remy de Provence, Vice-président du Collectif Prouvènço, Majoral du Félibrige.
Gérard Gélas, sociétaire de la société des auteurs, écrivain et metteur en scène, directeur du théâtre du Chêne Noir.
Frédéric Reynaud, diplomé EHESS en histoire et archéologie médiévale et moderne, chargé de recherches et opération INRAP, chercheur associé UMR 5642 « Histoire et archéologie des mondes chrétiens et musulmans au Moyen-âge ».
Raoul Boyer, Professeur de Médecine, Président de l’association Lis Ami de Font Segugno, Maître en Gai savoir du Félibrige.
Thierry Lefrançois, Conservateur en chef du Patrimoine.
André Compan Docteur es lettres, Professeur de linguistique Romane à l’Université de Nice, Majoral du Félibrige.
Michel Compan, Docteur en archéologie Histoire de l’Art Professeur CIC Sophia Antipolis, Mestre d’Obro du Félibrige.
Dr J-M Jausserman, Chirurgien, Chef honoraire, Hôpital St-Joseph à Marseille.
Emmanuel Desiles-Acquito, Maître de conférences, Université de Provence.
Pauline Moroso, professeur de français.
Michel Bisquerra, Avocat, Chevalier de l’Ordre national du mérite.
Martine Bisquerra, professeur de français.
Michel Courty, professeur et écrivain d’expressions provençales.
Jean-Jacques Buffat, Médecin général Inspecteur, professeur agrégé du Val-de-Grâce, Chevalier de la Légion d’honneur, Président des Amis de Font-Ségugne.
Etienne Cotton, Ancien responsable des établissements régionaux, hospitaliers, président d’Honneur des Dindouleto dóu Roucas.
Jean-Yves Delhaye, Ingénieur général des ponts et chaussées, Chevalier de la Légion d’honneur.
Jocelyne Delhaye, professeur.
Jean Raymond, ancien professeur de Lettres Classiques.
Lucien Clergue, Photographe, Membre de l’Institut Louis Roubaud, professeur agréé de l’Université.
Nicole Niel, Professeur d’Arts Appliqués, spécialiste du Costume d’Arles.
Corinne Capircio, professeur de français
Louis Scotto, Coprésident Alpes-de-Haute-Provence de l’Unioun Prouvençalo.
Jean-Christophe Sarrazin, Coprésident Hautes-Alpes de l’Unioun Prouvençalo.
Marius Oddo, Coprésident Alpes-Maritimes de l’Unioun Prouvençalo.
Jean-Claude Chastan, Coprésident Bouches-du-Rhône de l’Unioun Prouvençalo.
André Adaoust, Coprésident Var de l’Unioun Prouvençalo.
Christian Roche, Coprésidente Vaucluse de l’Unioun Prouvençalo.
Henri Feraud, Président délégué de l’Unioun Prouvençalo.
Robert Aprin, Ex-coordonnateur auprès de la CEE (pour les pays en voie de développement).
Pierre Bernet, Syndic de la Maintenance de Gascogne-Béarn du Félibrige.
Henri Ceresola, Président des Amis du Vieil Arles.
Jacques Lovichi, Poète et écrivain, rédacteur en chef de la revue Autre Sud.
Jean-Paul Bouery, Ecrivain, Prix Mistral, Grand Prix littéraire de Provence, Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres.
Jules Coupier, Auteur et Créateur du dictionnaire "Coupier" Français-Provençal. Oeuvre magistrale qui a nécéssité 12 années de travail, sera réédité et réactualisé en 2008 par le Collectif Prouvènço.
Jean-Louis Gras, Tambourinaire, Directeur de Recherche au CNRS.
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